La liste des commissions est prête, accrochée sur le frigo, le linge sale ramassé dans le panier, celui d'hier est déjà lavé, repassé et rangé, les factures d'électricité et d'eau sont réglées... Pendant ce temps, on cogite pour préparer les menus des repas de la semaine.

Et pendant ce même temps, Monsieur lit paisiblement ses mails (ou autres), stoïque, tandis que Junior jette les briques de son jeu de construction partout à travers le salon ... Ca vous dit quelque chose ? Quoiqu'on en dise, et sans être une féministe acharnée, on a quand même l'impression de mettre la main à la pâte plus souvent qu'à notre tour et d'être sans cesse en train d'anticiper, de planifier, d'organiser. C'est ce qu'on appelle la charge mentale.

Égaux oui mais ...

Selon l'Insee, en 2010 les femmes prennent en charge 64% des tâches domestiques et 71% des tâches parentales au sein des foyers. Un score encourageant, si on le compare aux statistiques des années passées (ces taux s'élevaient respectivement à 69% et 80% en 1985), mais bien loin d'être satisfaisant.  Et si, déjà dans les tâches ménagères, l'écart se fait sentir, ce n'est que la partie immergée de l'iceberg !

Plus que le partage des tâches à la maison, la notion de charge mentale englobe aussi le fait de penser, d'anticiper pour que la vie du foyer, au quotidien, se déroule au mieux. Toute une dimension psychologique, non des moindres, mais difficile à mesurer car sans aucun effet visible.

La charge mentale, une affaire de femmes

Qui subit la charge mentale ? Très majoritairement les femmes. Sans cesse préoccupées par le bon déroulement des opérations, la réalisation des tâches domestiques et la tenue des impératifs administratifs, les femmes voient les contraintes s'accumuler jusqu'à les submerger.

Et à trop penser à tout ce qu'il faut faire, c'est leur santé mentale et physique qui se retrouve en danger.

Ce qu'en pensent les hommes

Souvent quand ils voient leur compagne submergée, les hommes sont destabilisés. Participer un peu plus ? Ils ne demandent que ça, il suffirait que Madame le leur demande. Et c'est là, justement, que la situation se corse. Quand les femmes anticipent la moindre situation complexe à venir, les hommes préfèrent attendre l'apocalypse et agir une fois les dégâts constatés ou attendre patiemment qu'on leur demande d'agir (encore une chose à laquelle les femmes doivent penser en amont).

Comme, in fine, la plupart des situations de crises sont tuées dans l’œuf, Monsieur ne se rend même pas compte des efforts déployés par Madame pour que tout roule ...

 

Le mieux pour leur faire prendre conscience de la situation ? Les inviter à lire la bande dessinée réalisée par l'illustratrice Emma sur son compte Facebook. La jeune femme a mis en ligne le 9 mai dernier une BD 2.0 intitulée "Fallait nous demander", dans laquelle elle illustre et met des mots sur ce fardeau qu'est la charge mentale. Un bon moyen de sensibiliser Monsieur ... et d'éviter peut-être bien des scènes de ménages !